Communiqués - 04 MONTHS.NOVEMBER 2025

Le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce matin la cérémonie d’ouverture de la 8e édition du Salon International des Mines du Sénégal (SIM SENEGAL 2025), organisée sous le thème : « Les ressources minérales, un levier de souveraineté économique ».
Ce rendez-vous majeur du secteur extractif confirme la place du Sénégal comme pôle régional d’expertise, d’investissement et d’innovation.
Le Chef de l’État y a réaffirmé sa volonté de faire du secteur minier un modèle de gouvernance transparente, de transformation locale et de prospérité partagée, au service du développement durable et des générations futures.
Retrouvez ci-dessous l'intégralité du discours de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République
Dakar, 04 novembre 2025- Seul le prononcé fait foi

- Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
- Monsieur le Premier Ministre,
- Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,
- Mesdames, Messieurs les Ministres et Chefs de délégation des Pays Frères invités,
- Honorables députés,
- Mesdames, Messieurs les membres du Corps Diplomatique et les représentants des Organisations régionales et internationales,
- Monsieur le Président du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans le secteur extractif ITIE Sénégal,
- Mesdames Messieurs les Élus locaux,
- Messieurs les Chefs Religieux et coutumiers,
- Mesdames, Messieurs, les Représentants des partenaires techniques et financiers,
- Mesdames, Messieurs les Représentants des Sociétés Minières, des Entreprises de carrières et d’Exploitations artisanales et des Mines à petite échelle,
- Mesdames, Messieurs les Représentants de la Société Civile,
- Chères étudiantes, chers étudiants, chers élèves,
- Chers Invités,
Le Sénégal a l’honneur d’organiser la huitième édition du Salon international des Mines du Sénégal, SIM SENEGAL 2025.
À tous nos hôtes venus d’Afrique et d’ailleurs, je souhaite la bienvenue en terre sénégalaise de la Téranga !
Ce rendez-vous biennal, désormais, inscrit à l’agenda des grandes rencontres internationales du secteur extractif, confirme la place du Sénégal comme pôle régional d’expertise, d’investissement et d’innovation dans les industries minières.
Durant ces trois jours, notre pays sera le théâtre d’échanges féconds, d’alliances stratégiques et de visions partagées autour du thème central : « Les ressources minérales, un levier de souveraineté économique ».
Ce thème traduit, avec justesse et force, notre conviction que la maîtrise, la transformation et la valorisation de nos richesses naturelles constituent des fondations essentielles de notre indépendance économique et de notre prospérité durable.
Mesdames, Messieurs,
Cette édition du SIM SENEGAL s’inscrit dans un contexte politique renouvelé, marqué par une alternance démocratique apaisée et porteuse d’espoir. Elle incarne la vitalité de nos institutions républicaines et reflète l’engagement du Gouvernement à impulser une gouvernance plus inclusive, plus transparente et résolument tournée vers la transformation structurelle de notre économie.
Dans cette dynamique, notre Vision, l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, consacre les ressources minérales comme des leviers stratégiques au service de la souveraineté économique, de la résilience sociale et de la durabilité environnementale.
Nous voulons transformer le secteur minier en moteur de diversification, de stabilité et de prospérité, au service de toutes les générations.
Il ne s’agit plus seulement d’extraire nos richesses, mais de les faire parler le langage du progrès, de la connaissance et du bien-être collectif.
Mesdames, Messieurs,
Chers invités,
La souveraineté économique, qui intègre les impératifs d’équité, de justice sociale et d’inclusion, ne saurait se limiter à l’exportation de matières premières.
Nous voulons bâtir des industries de transformation robustes, capables de raffiner, de valoriser et d’intégrer nos minerais dans des chaînes de valeur nationales, africaines et mondiales.
Chaque gramme d’or, chaque tonne de phosphate, de zircon ou de minéraux stratégiques devra contribuer à bâtir une économie robuste, génératrice d’emplois qualifiés, stimulante pour l’innovation et favorable à l’essor industriel.
Notre ambition est claire : que le sol sénégalais cesse d’être seulement un gisement de ressources et devienne un creuset de compétences, de technologies et d’opportunités.
Et parce que les ressources minières appartiennent au peuple, leur exploitation doit bénéficier aux communautés locales, notamment par des mécanismes de redistribution équitables et inclusifs.
Mesdames, Messieurs,
C’est dans cette perspective que le Code minier de 2016 prévoit des instruments financiers tels que le Fonds d’Appui au Développement Local (FADL) et le fonds de péréquation, destinés à renforcer les capacités des collectivités territoriales. Ces dispositifs traduisent la volonté ferme de l’État de faire du développement local un prolongement naturel de l’activité minière, et non une conséquence accessoire.
En effet, la prise en compte des femmes dans les politiques minières constitue une exigence qui se traduit par l’intégration de leurs projets d’autonomisation dans les plans de développement locaux.
Par ailleurs, la gouvernance du secteur minier doit incarner l’exemplarité. Elle repose sur des principes fondamentaux : la transparence dans les processus, la traçabilité rigoureuse des flux financiers et l’orientation stratégique des revenus vers les priorités nationales, notamment en matière d’infrastructures, de formation et d’inclusion territoriale.
L’État entend faire du secteur minier un modèle de bonne gouvernance, où chaque contrat, chaque investissement, chaque retombée est placé sous le sceau de la transparence et de la responsabilité.
C’est dans cette optique que l’État a engagé une révision du Code minier, avec pour objectif d’instaurer une fiscalité plus équitable, adaptée aux réalités du secteur et de garantir une redistribution plus juste des richesses issues de l’exploitation minière.
Cette réforme ambitieuse répond à une exigence morale et républicaine : faire du secteur minier un pilier du développement durable, de la cohésion sociale et de la confiance entre l’État, les investisseurs et les citoyens.
Mesdames, Messieurs,
Dans cette perspective, la pleine réussite de notre ambition de souveraineté économique repose également sur l’engagement responsable et éthique des opérateurs miniers. Le développement minier n’a de sens que s’il s’accompagne d’une conscience environnementale, d’une responsabilité sociale et d’un respect strict des lois de la République.
À cet égard, j’appelle solennellement l’ensemble des entreprises du secteur à faire preuve d’un respect scrupuleux de la réglementation nationale en vigueur, notamment des dispositions du Code minier, des normes environnementales, sociales et fiscales ainsi que des obligations contractuelles qui leur incombent.
Plus que jamais, les sociétés minières doivent devenir des partenaires du progrès et non de simples exploitants de ressources.
Il est impératif que les activités minières s’inscrivent dans une logique de conformité aux standards internationaux les plus exigeants, en matière de protection de l’environnement, de santé et de sécurité au travail, de droits humains et de responsabilité sociétale.
A ce titre, aucune mine ne doit prospérer là où l’humain décline, ni aucun projet se développer au détriment des générations futures.
J’invite également les opérateurs à renforcer leur ancrage territorial en intégrant de manière proactive les préoccupations des communautés impactées. Cela suppose une concertation permanente avec les parties prenantes locales, une transparence accrue dans la gestion des retombées économiques et la mise en œuvre de programmes de développement communautaire adaptés, inclusifs et durables.
Il ne saurait être acceptable que des investissements prospèrent dans des zones où les populations riveraines demeurent dans la précarité. L’exploitation minière ne doit pas être une source de fracture sociale, mais un levier de cohésion, de progrès partagé et de dignité retrouvée pour les territoires concernés.
Mesdames, Messieurs,
Dans un monde en pleine mutation énergétique, nos ressources stratégiques telles que le lithium et le zircon ainsi que d’autres en phase d’exploration, constituent des atouts majeurs pour notre souveraineté industrielle et énergétique. Ces ressources positionnent le Sénégal à la croisée des transformations technologiques et environnementales mondiales. Leur exploitation responsable permettra à notre pays de devenir un acteur crédible et influent de l’économie verte et des technologies du futur.
Sur ce dernier point, je puis vous assurer que le Sénégal jouera sa partition en mettant notamment à profit sa jeunesse talentueuse pétrie de savoir et dont le génie inspire la créativité. Cette jeunesse est notre plus précieuse ressource ; elle est le minerai vivant de notre nation, celui qu’il faut mobiliser, former et valoriser.
C’est d’ailleurs sous ce rapport qu’il faut rappeler et saluer l’organisation du Hackathon MIN’OVATION, initiative novatrice qui vise à promouvoir l’innovation technologique et sociale dans le secteur minier autour de solutions concrètes et durables.
Mesdames, Messieurs,
Les thématiques qui seront explorées au cours de ces trois journées de travaux illustrent avec acuité l’ampleur des défis à relever pour bâtir un avenir plus prometteur du secteur extractif dans nos pays. Il ne s’agit pas seulement de croissance, mais de sens, d’équilibre et de durabilité.
Ce secteur, bien souvent circonscrit à un vecteur de croissance économique, embrasse plus large et devrait pleinement jouer un rôle de catalyseur de paix, de stabilité, de prospérité partagée et de développement durable. Un secteur minier apaisé, équitable et durable est un facteur de stabilité politique et un pilier du vivre-ensemble.
Pour donner corps à l’éclosion de cette perspective, l’initiative de l’Association africaine des femmes en Géosciences tiendra, en marge de ce SIM SENEGAL, la deuxième édition du Congrès International sur la Géodiversité, le Géopatrimoine, le Géotourisme, la Géoéducation, les Géoparcs et les Objectifs de Développement Durable (5G & ODDs). Ce congrès vient rappeler que la science et la culture ne s’opposent pas : elles se complètent pour préserver la Terre et inspirer la paix.
Cette rencontre, placée sous le thème : « Le Géopatrimoine au service de la paix et du développement durable : relier les cultures, autonomiser les communautés et préserver l’héritage de notre planète », apportera, j’en suis sûr, une contribution substantielle à la valorisation du géopatrimoine africain. Elle réaffirme que nos sous-sols, comme nos cultures, sont des héritages à protéger et à transmettre.
Mesdames, Messieurs,
Chers invités,
Avant de clore mon propos, je tiens à saluer l’excellente organisation de cet événement, fruit d’un engagement collectif et d’une coordination rigoureuse.
Mes félicitations vont au Ministre chargé des Mines et de la Géologie, Monsieur Birame Soulèye Diop et à l’ensemble des acteurs mobilisés pour faire de cette rencontre un espace de dialogue stratégique et de réflexion de haut niveau.
Je salue également nos partenaires techniques, nos chercheurs, nos ingénieurs, nos étudiantes, nos étudiants ainsi que toutes celles et ceux qui, chaque jour, œuvrent à faire du secteur minier un laboratoire d’excellence et d’innovation.
Durant ces trois journées, vous serez appelés à vous pencher sur les problématiques réelles que traverse le secteur minier, à en identifier les défis structurels et à en apprécier les enjeux économiques, sociaux, environnementaux et territoriaux.
Votre mission est claire : transformer la richesse du sol en richesse pour le peuple.
Dans ce cadre, j’attends de vous une contribution franche, pragmatique et orientée résultats. Vos échanges doivent déboucher sur des recommandations stratégiques robustes, capables de positionner le secteur minier comme un véritable levier de développement durable, de prospérité partagée et de stabilité sociale.
Cette rencontre est une opportunité précieuse pour faire émerger des solutions concrètes, adaptées aux réalités du terrain et porteuses d’une vision ambitieuse pour l’avenir de notre pays.
Faisons du SIM SENEGAL 2025 un moment de vérité, d’engagement et de projection vers un Sénégal souverain, prospère et durable.
Je déclare ouverte la huitième édition du Salon International des Mines du Sénégal.
Je vous souhaite des travaux fructueux et inspirants !
Je vous remercie de votre attention.
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