Le Président Bassirou Diomaye Faye engage la réforme des Pôles-Territoires avec les exécutifs territoriaux.

Communiqués - 02 MONTHS.JULY 2026


Le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé ce jeudi au CICAD la rencontre avec les exécutifs territoriaux du Sénégal, consacrée à la mise en œuvre de l'Acte IV de la décentralisation et à la réforme des Pôles-Territoires.
Au cœur de cette vision, une ambition économique claire : réveiller la compétitivité de chaque territoire à partir de ses potentialités réelles. Portés par l'Agenda national de Transformation Sénégal 2050, les Pôles-Territoires sont conçus comme le moteur d'un développement endogène et durable, qui naît de nos propres ressources et s'enracine dans nos propres terroirs.
Ils ne sont pas un échelon administratif de plus. Ils n'empiètent pas sur les compétences des élus locaux, mais interviennent là où l'action isolée atteint ses limites et où la mutualisation devient nécessaire. Instruments de coordination, d'investissement structurant et de création de richesse, ils donnent aux exécutifs territoriaux les moyens d'agir ensemble, avec davantage d'efficacité.
Le Chef de l'État a inscrit cette réforme dans une méthode, celle de la confiance et de la co-construction. Fruit de plusieurs mois de concertation ayant mobilisé près de trois mille acteurs, elle traduit la conviction que la transformation ne se décrète pas depuis Dakar, mais se construit dans les terroirs, au plus près des réalités et des espérances de nos concitoyens.
C'est le choix d'un État stratège, qui accompagne, responsabilise et valorise les initiatives des territoires, pour un Sénégal plus équilibré, plus prospère et plus souverain.




Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l'allocution du Président de la République : 
CICAD, le 02 juillet 2026 - Seul le prononcé fait foi

• Monsieur le Président de l’Assemblée nationale
• Monsieur le Premier ministre,
• Monsieur le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires,
• Mesdames, Messieurs les Ministres,
• Mesdames, Messieurs les Gouverneurs,
• Mesdames, Messieurs les Préfets,
• Messieurs les Présidents d’associations des élus locaux (UAEL, AMS, ADS, REELS),
• Mesdames, Messieurs les Présidents de Conseil départemental,
• Mesdames, Messieurs les Maires,
• Mesdames, Messieurs, les représentants des partenaires techniques et financiers
• Mesdames, Messieurs ;
C’est avec beaucoup de plaisir que j’accueille, aujourd'hui, celles et ceux qui portent, chaque jour, le destin concret de nos territoires. Vous êtes, à l’échelle de nos communes, de nos départements, de nos régions et de nos futurs Pôles-Territoires, les premiers serviteurs de la République. C'est à votre contact que l'État cesse d'être une abstraction. C'est par vous, qu'au plus près de nos concitoyens, il devient visage, parole et décision.
Le Sénégal s'est engagé dans une dynamique irréversible d’un changement systémique qui touche nos politiques de développement, mais aussi nos valeurs et nos gestes quotidiens. C'est cette dynamique qui fonde et qui justifie la création des Pôles-Territoires.

L’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, notre référentiel des politiques publiques, leur accorde une place décisive. Il en fait le moteur d'un développement endogène et durable. Il s'agit, au fond, de réveiller la compétitivité économique de chaque territoire, à partir de ses potentialités réelles, en l'adossant à des programmes structurants et à des outils cohérents avec nos instruments de planification.
Une réforme de cette ampleur ne vaut que si elle est partagée, comprise et bien accueillie. C’est fort de cette conviction que j’ai instruit le Ministre en charge des collectivités territoriales de mener des concertations élargies à tous les acteurs et sur toute l’étendue du territoire, pour partager les propositions de réformes.
Vous avez compris que la transformation que nous appelons de nos vœux ne se décrète pas depuis Dakar. Elle se construit avec vous, dans vos terroirs, au plus près des réalités, au plus près des urgences, au plus près des espérances de nos concitoyens. Et je tiens à dire ici ma satisfaction pour l’engagement dont tous les acteurs ont fait preuve tout au long de ce processus. Votre intérêt n’a pas faibli.

Mesdames, Messieurs
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement du dialogue constant que j’ai tenu à entretenir avec vous au cours de mes déplacements dans les territoires.

Les échanges que nous avons eus sur vos préoccupations, vos priorités de développement et les attentes de nos populations confortent ma conviction que la concertation doit demeurer au cœur de notre action.
C’est pourquoi j’ai souhaité inscrire ce cadre de dialogue dans la durée, à l’image de la Journée nationale de la Décentralisation déjà inscrite dans notre agenda républicain. Elle doit offrir aux exécutifs territoriaux, aux agents des collectivités, aux partenaires et aux populations un espace permanent d’écoute et de réflexion sur les enjeux de la décentralisation.
Pour tenir cette promesse, son format doit être repensé, ajusté aux réalités d'aujourd'hui, afin de servir pleinement la réflexion et la mise en œuvre des réformes en cours, au premier rang desquelles l'Acte 4 de la décentralisation.
Notre pays a connu plusieurs actes de décentralisation. Chacun a marqué une étape, chacun a permis des avancées réelles, et il serait injuste de ne pas le reconnaître.
Mais la fidélité à cette histoire commande aussi la lucidité. Les compétences sont demeurées fragmentées, les ressources souvent insuffisantes, et trop de nos concitoyens ont gardé le sentiment d'un État resté à distance de leur préoccupations et de leurs aspirations.

L'Acte IV que nous engageons aujourd'hui n'est pas une réforme administrative de plus. C'est un acte fondateur et c'est un acte de confiance. Il procède d'un choix clair. Celui de faire des territoires les véritables moteurs de notre transformation nationale.
À ce titre, nous allons donner aux collectivités territoriales les moyens effectifs d’exercer leurs compétences, en renforçant durablement leurs capacités financières, humaines et techniques, dans le respect de l’éthique et de la bonne gouvernance
Pour porter cette ambition, la refondation de notre gouvernance territoriale s’articule autour de quatre orientations majeures.
La première orientation vise à moderniser notre organisation territoriale, à renforcer la proximité de l’action publique et à clarifier les responsabilités des différents acteurs, pour une action publique plus lisible, plus cohérente et plus efficace.
La deuxième orientation fait de la performance, de l’équité territoriale et du renforcement de l’ingénierie territoriale les principes directeurs de notre action. Elle doit permettre d’améliorer l’accompagnement des collectivités territoriales, de valoriser les initiatives locales et de mieux mesurer les résultats obtenus dans chaque territoire.
La troisième orientation touche à ce qui fonde la crédibilité de toute politique de décentralisation : les moyens. Il ne saurait y avoir de responsabilités accrues pour les collectivités territoriales sans ressources adéquates leur permettant d’exercer pleinement leurs missions.

À cet égard, je tiens à saluer les efforts déjà consentis par l’État ces dernières années, qui se sont traduits par une progression significative des ressources transférées aux collectivités territoriales. Cet effort doit être apprécié dans sa globalité, en tenant compte non seulement des dotations du Fonds de Dotation de la Décentralisation (FDD) et du Fonds d’Équipement des Collectivités territoriales (FECT), mais également des investissements, programmes et projets publics mis en œuvre au bénéfice direct des territoires.

Pour autant, chacun reconnaît que la question du financement de la décentralisation demeure un chantier majeur. C’est pourquoi j’instruis le Gouvernement, en relation avec le Ministre chargé des Finances et du Budget ainsi que le Ministre chargé des Collectivités territoriales, d’examiner les voies et moyens permettant de poursuivre l’amélioration progressive des ressources allouées aux collectivités territoriales.
Dans cette perspective, les réformes attendues du FDD et du FECT pourront être engagées afin de mieux répondre aux besoins des territoires et d’améliorer la prévisibilité des ressources qui leur sont destinées.

À mesure que notre pays consolidera sa situation économique et retrouvera des marges budgétaires plus favorables, la question d’une révision progressive du mécanisme d’indexation sur la TVA pourra être examinée, avec pour objectif de renforcer durablement le volume des transferts en faveur des collectivités territoriales, dans le respect des équilibres financiers de l’État.
Parallèlement, nous moderniserons la fiscalité locale et renforcerons la capacité des collectivités à contribuer au développement économique de leurs territoires.

Enfin, la quatrième orientation vise à promouvoir la coopération entre les territoires, la mutualisation des moyens, la transparence dans la gestion publique locale et la bonne gouvernance. C’est dans cette même logique que s’inscrit la réforme des Pôles-Territoires, appelés à devenir des instruments de cohérence, de solidarité et de performance.

Mesdames, Messieurs,
Les Pôles-Territoires ne sont pas une structure administrative de plus. Ils dessinent une voie équilibrée et pragmatique, pleinement conforme à notre cadre légal.
Ils ne constituent pas un nouvel échelon de collectivités et ne suppriment aucun ordre existant : ils les articulent et les renforcent. Ils n’empiètent pas sur vos compétences ; ils interviennent là où l’action isolée atteint ses limites et où la mutualisation devient nécessaire.

Les Pôles-Territoires constituent ainsi des instruments de coordination, de mutualisation et de développement territorial destinés à accompagner la planification intégrée, les investissements structurants, la promotion économique et la mobilisation des financements à l’échelle des territoires.
Loin de se substituer aux exécutifs territoriaux que vous êtes, ils vous donnent les moyens d’agir ensemble avec davantage d’efficacité.
 
Mesdames, Messieurs,
La réussite de cette réforme repose également sur une gouvernance efficace, fondée sur le dialogue, la coordination et la responsabilité partagée entre l'ensemble des acteurs concernés.
À cet effet, les cadres de concertation, d'orientation et de suivi prévus par notre dispositif institutionnel devront être pleinement mobilisés afin d'assurer la cohérence des interventions publiques, la convergence des politiques sectorielles et la prise en compte des préoccupations des territoires.
J’invite Monsieur le Premier Ministre, les ministères concernés, les collectivités territoriales, les autorités administratives et les acteurs du développement local à inscrire leur action dans une dynamique permanente de dialogue et de concertation.
C’est à cette condition que nous articulerons décentralisation, déconcentration et développement territorial, et que nous bâtirons une action publique plus cohérente, orientée vers des résultats tangibles au bénéfice des populations.
 
 
Mesdames, Messieurs,
L’Acte IV de la décentralisation marque une étape décisive dans la construction de notre modèle territorial.
Nous faisons un choix fondamental : celui de la territorialisation effective des politiques publiques. Ce choix traduit notre volonté de bâtir un État stratège qui accompagne, responsabilise et valorise les initiatives des territoires.
Les Pôles-Territoires sont appelés à devenir des instruments de transformation économique, de production, d’investissement et de création de richesse au service du développement national.

L’Acte IV repose sur deux exigences constantes : la viabilité territoriale, fondée sur une démarche progressive et maîtrisée, et la proximité, qui rapproche la décision publique du citoyen.
Vous avez fortement contribué à dessiner les contours de cette réforme. Des mois durant, les concertations ont mobilisé près de trois mille acteurs, élus, services déconcentrés, secteur privé, société civile. Vous avez débattu et vous avez formulé des propositions pertinentes qui retiennent toute mon attention. Incessamment après leur validation, nous allons enclencher le passage à la phase opérationnelle.
 
Mesdames, Messieurs,
La territorialisation des politiques publiques n'est pas une option technique. C'est un choix politique et c'est un choix moral. C'est affirmer que notre Nation est diverse, mais indivisible. C'est affirmer que la justice sociale ne va pas sans la justice territoriale. C'est refuser qu'un pays avance en abandonnant certains de ses territoires en chemin, pendant que d'autres concentrent les opportunités.

Notre Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029, doivent s'enraciner dans vos territoires.
La route sera exigeante. Il faudra dépasser les réflexes centralisateurs, lever les résistances, oser l'innovation. Mais je sais pouvoir compter sur votre engagement et sur votre sens du devoir.
A cette occasion, je voudrais magnifier le travail remarquable du Ministre en charge des Collectivités territoriales et de ses équipes, qui ont conduit tout ce processus dans un esprit de participation et d'écoute.

Mesdames, Messieurs,
L'Acte IV de la décentralisation et la réforme des Pôles-Territoires ne sont pas une simple redistribution de moyens.
Ils consacrent une nouvelle étape dans la construction d'un Sénégal plus équilibré, plus cohérent et plus souverain. Trop longtemps, l'avenir s'est dessiné loin de nos terroirs. Désormais, il s'écrira avec nos populations, nos élus, nos entrepreneurs, nos femmes, nos jeunes et toutes les forces vives de la Nation, au service d'un Sénégal plus juste, plus prospère et plus solidaire.
Je vous remercie de votre attention.