International - 19 MONTHS.JULY 2026

Cinquante ans après sa création, la CEDEAO se trouve à un moment décisif de son histoire. Face à une région éprouvée par les menaces sécuritaires, les fractures politiques et sociales, ainsi que par un contexte international défavorable, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a livré un message de vérité et d’espérance.
Pour le Chef de l’État, l’heure n’est plus aux constats, mais à l’action. Il appelle à une CEDEAO rénovée, capable d’offrir à ses peuples, et singulièrement à sa jeunesse, la paix, la sécurité et la prospérité auxquelles aspiraient les pères fondateurs.
Sa conviction est claire : la Déclaration d’engagement en faveur du Pacte pour l’avenir de l’intégration régionale ne doit pas demeurer une simple déclaration d’intention. Elle engage. Elle oblige. Et le Sénégal, fidèle à son histoire et à sa vocation panafricaine, entend en être l’un des artisans les plus déterminés.

Retrouvez ci-dessous l’intervention de Son Excellence Monsieur le Président de la République au Sommet sur l’avenir de la Communauté :
Freetown, le 19 juillet 2026 - Seul le prononcé fait foi
-Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO,
-Chers collègues,
-Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
-Mesdames, Messieurs les Ministres,
-Mesdames, Messieurs,
Avant tout propos, je voudrais remercier le Président Maada BIO, pour l’accueil convivial et la généreuse hospitalité qui m’ont été réservés ainsi qu’à ma délégation.
Je voudrais ensuite féliciter le Président BIO pour l’initiative de tenir cette rencontre sur l’avenir de la CEDEAO à un moment aussi critique pour le futur de l’Organisation.
Cette démarche fait suite au sommet ordinaire d’Abuja en décembre 2025 pendant lequel le même point a été inscrit à l’ordre du jour.
C’est l’occasion de saluer les contributions pertinentes des Etats membres sur la question et de féliciter également le Président de la Commission, les Chefs d’Institution de la Communauté ainsi que l’ensemble de leurs équipes pour leurs actions au quotidien en faveur de l’approfondissement du processus d’intégration régionale, au bénéfice de nos populations.
Toutefois, des efforts et sacrifices supplémentaires sont nécessaires pour que dans les années à venir, nos populations puissent vivre dans une région apaisée, sûre et prospère.
Mesdames, Messieurs,
Durant l’année écoulée, la CEDEAO a célébré le 50eme anniversaire de sa création. Cinq décennies de coopération régionale, d'intégration économique et de progrès collectif en Afrique de l'Ouest.
Il est indéniable que durant ce demi-siècle, des avancées significatives ont été réalisées dans plusieurs domaines, contribuant au bien-être des populations.
Il est tout aussi évident que les programmes de la CEDEAO ont impulsé de multiples réalisations pour le développement économique de nos pays ; au point d’ériger l’institution comme la Communauté économique régionale la plus aboutie et la plus performante en Afrique.
Certes, de nombreux acquis ont été enregistrés, mais il n’en demeure pas moins que d’immenses défis interpellent aujourd’hui notre Organisation et pourraient même menacer sa survie.
En 2025, trois des membres fondateurs nous ont quittés. Cette fracture fragilise davantage notre région déjà en proie à des difficultés de tous ordres.
En effet, la situation sécuritaire dans la région du Sahel reste préoccupante. Elle fait peser une menace réelle sur tous nos Etats. Les groupes terroristes qui essaiment dans la zone ont clairement pour ambition de trouver une ouverture à travers les pays côtiers, pouvant leur offrir un accès à la mer.
En même temps, l’extrémisme violent, la criminalité transfrontalière organisée et les trafics illicites en tout genre constituent de véritables fléaux qui compromettent la sécurité et la stabilité de la région.
Nos assises d’aujourd’hui se tiennent donc à un moment où les menaces sont plus nombreuses, plus pressantes et plus complexes, exacerbées par un contexte mondial défavorable.
Alors, que devons-nous faire pour inverser la tendance ?
A mon avis, il faut de larges consultations avec toutes les forces vives de la région, et des débats profonds sur les actions à mener pour instaurer une paix et une sécurité durable en Afrique de l’Ouest ; impulser un développement socio-économique inclusif afin d’offrir à nos populations, une CEDEAO rénovée qui leur apporte prospérité et bien-être, conformément à la vision des pertes fondateurs.
Tout en affirmant ici la détermination du Sénégal à œuvrer pour la mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur l’avenir de l’intégration régionale que nous nous apprêtons à adopter, je voudrais appeler aussi à l’implication de tous pour qu’elle ne soit pas une simple déclaration d’intentions.
Pour cela, nous devrions nous assurer que le Pacte qui l’accompagne fasse l’objet de compromis dynamiques et d’une appropriation plus large afin d’éviter les incompréhensions pouvant entraver sa mise œuvre.
Nous projeter sur l’avenir nous commande de veiller à préserver l’unité et la solidarité au sein de la région. La concertation doit être permanente, les moyens mutualisés et les actions unies.
Nous devons également réaffirmer, avec vigueur, notre attachement à nos principes et valeurs en matière de démocratie, d’Etat de droit et de bonne gouvernance, gages de la paix et de la stabilité au sein de la région.
Il nous faut agir vite pour endiguer les différentes menaces sécuritaires, grâce notamment à l’opérationnalisation de la brigade régionale de la Force africaine en Attente et l’activation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme.
La réalisation de cet objectif nécessite une plus grande autonomie financière ; ce qui doit nous obliger à honorer nos engagements au titre du prélèvement communautaire.
En outre, il nous faudra renforcer la gouvernance de nos institutions communautaires pour plus d’efficacité et d’efficience dans la réalisation des objectifs de la région.
Il s’agira d’avoir des standards de fonctionnement plus efficients, mais surtout une architecture institutionnelle plus stable et mieux articulée à l’état d’avancement du processus d’intégration.
Au-delà de ces urgences, notre action devrait être orientée vers la concrétisation des programmes communautaires dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie, de l’énergie et des infrastructures pour accélérer l’intégration économique et commerciale.
Chers collègues,
Nous devons redonner de l’espoir à nos populations, en particulier la jeunesse qui constitue l’avenir de notre Communauté.
Le seul moyen pour y parvenir est pour nous de réformer l’Organisation et de respecter les textes que nous adoptons. Cela est même le fondement de la crédibilité de notre Organisation.
Je vous remercie de votre attention.