1er Mai : Le Président Diomaye Faye reçoit les cahiers de doléances des centrales syndicales

Discours - 01 MONTHS.MAY 2026


À l'occasion de la Fête internationale du Travail, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, a présidé ce jour, au Palais de la République, la cérémonie officielle de remise des cahiers de doléances des organisations syndicales.




Devant les partenaires sociaux réunis, le Chef de l'État a salué les avancées enregistrées en l'espace d'une année dans la mise en œuvre du Pacte national de stabilité sociale. L'adoption en Conseil des ministres des projets de Code du Travail et de Code de la Sécurité sociale, la généralisation de l'indemnité représentative de logement dans la Fonction publique, la revalorisation des salaires des travailleurs des professions agricoles et des gens de maison, les recrutements significatifs dans l'éducation, la santé et l'enseignement supérieur, ainsi que l'extension progressive de la protection sociale aux travailleurs de l'économie informelle, témoignent d'une mise en œuvre réelle, progressive et mesurable des engagements de l'État.

Le Président de la République a rappelé, avec solennité, que le respect de la trêve sociale, librement consentie pour trois ans, demeure la condition d'un climat social durablement apaisé. Il s'est également réjoui de l'accord signé le 16 avril dernier dans le secteur de l'éducation et de la formation, fruit d'une négociation conduite avec diligence par le Gouvernement.

Fixant le cap pour 2026, le Chef de l'État a instruit le Gouvernement de concentrer son action autour de six priorités : finaliser les réformes structurantes, renforcer la protection sociale, améliorer le pouvoir d'achat, promouvoir l'emploi et l'employabilité, consolider le dialogue social et renforcer les capacités de l'Administration du Travail.

En réaffirmant l'engagement de l'État à honorer ses obligations, le Président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a appelé l'ensemble des partenaires sociaux à la responsabilité, afin de préserver le climat de confiance qui demeure la condition première du progrès économique et social.
« La transformation profonde du Sénégal ne se fera ni sans un dialogue social sincère et constructif, ni sans un travail décent et productif pour tous, ni sans une justice sociale effective », a conclu le Chef de l'État.



Retrouvez ci-dessous le discours du Président de la République : 
1er mai 2026 - Seul le prononcé fait foi
- Monsieur le Premier Ministre,
- Monsieur le Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public,
- Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,
- Monsieur le Président du Haut Conseil du Dialogue social,
- Mesdames, Messieurs les Directeurs généraux, Directeurs et Chefs de Services,
- Messieurs les Présidents et représentants de Présidents d’organisations d’employeurs,
- Mesdames, Messieurs les Secrétaires généraux d’organisations syndicales de travailleurs,
- Chers travailleurs, chers employeurs,
- Mesdames, Messieurs,

En ce 1er mai 2026, journée universellement consacrée au Travail, je tiens à adresser, au nom de la République et en mon nom propre, mes plus chaleureuses félicitations à l’ensemble du monde du Travail.

Nous célébrons, une fois encore, la fête du Travail dans un contexte économique caractérisé par des contraintes budgétaires persistantes, des pressions sur le pouvoir d’achat et de profondes mutations du marché du travail.

Cette conjoncture impose à tous un sens élevé des responsabilités, afin de tenir ensemble la soutenabilité de nos finances publiques et l'exigence de justice sociale.

Chers partenaires sociaux,
Au-delà de l’installation effective des organes de gouvernance du Pacte national de stabilité sociale et du fonctionnement régulier de leurs instances, des avancées significatives ont été enregistrées :

- l’état d’avancement très poussé des réformes du Code du Travail et du Code de la Sécurité sociale, dont les projets ont été adoptés en Conseil des ministres et seront transmis à l’Assemblée nationale en vue de leur examen et de leur adoption au cours de l’année 2026. 
Je tiens, à cet égard, à rassurer l’ensemble des travailleurs : le projet qui sera soumis à l’Assemblée nationale reflétera fidèlement le consensus issu des travaux d’élaboration conduits avec l’ensemble des partenaires sociaux ;
- la généralisation de l’indemnité représentative de logement dans la Fonction publique ; 
- l’adoption de décrets relatifs à certaines catégories d’agents dans les secteurs de l’Éducation, de la Santé et de la Justice, notamment les enseignants dits 
« décisionnaires », les techniciens supérieurs de la santé et les greffiers, permettant ainsi de régler durablement leur situation statutaire et de consolider leur cadre professionnel ; 
- la revalorisation des salaires des domestiques et gens de maison, ainsi que des travailleurs des professions agricoles, traduisant l’engagement du Gouvernement en faveur de la protection des catégories socioprofessionnelles les plus vulnérables et de la réduction des inégalités ; 
- les recrutements significatifs opérés dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’enseignement supérieur, complétés par les recrutements programmés au cours de l’année, visant à améliorer l’offre de services publics et à répondre aux besoins croissants des usagers ; 
- les efforts soutenus de modernisation administrative, à travers la digitalisation des procédures et l’interconnexion des systèmes de gestion, dont la mise en œuvre sera effective très prochainement, afin de renforcer l’efficacité, la transparence et la performance de l’action publique ; 
- l’extension progressive de la protection sociale, en particulier en direction des travailleurs de l’économie informelle ; 
- la prise en charge concertée de plusieurs situations de contentieux social, à travers le dialogue social, ayant permis de favoriser la régulation des conflits et la réduction de la judiciarisation des différends.

Ces résultats traduisent une mise en œuvre réelle, progressive et mesurable des engagements de l’État en l’espace d’une année, dans un contexte pourtant fortement contraint.

Pour autant, en dépit de ces avancées significatives, il importe de relever, avec lucidité, la persistance de tensions sociales dans certains secteurs. Ces situations interviennent alors même que le Pacte national de stabilité sociale a consacré une trêve sociale d’une durée de trois (3) ans, librement consentie par l’ensemble des parties.
Je me réjouis, en revanche, de l’évolution positive récemment enregistrée dans le secteur de l’éducation et de la formation, marquée par la signature, le 16 avril 2026, d’un accord entre le Gouvernement et les syndicats représentatifs.

Je tiens, à cet égard, à féliciter le Premier Ministre et l’ensemble des membres du Gouvernement, en particulier le Ministre en charge de la Fonction publique et du Travail, ainsi que les Ministres chargés de l’Éducation nationale et des Finances, pour la conduite diligente et concertée des négociations ayant abouti à cet accord.

Pour en revenir au Pacte, je tiens à rappeler, avec solennité, que le respect de la trêve sociale constitue une exigence majeure de crédibilité de notre engagement collectif et une condition indispensable à la consolidation d’un climat social durablement apaisé.

Dans le même esprit, il importe de souligner que le Gouvernement a engagé, de manière effective et progressive, la mise en œuvre de ses engagements.

Mesdames, Messieurs,
Les doléances formulées par les organisations syndicales au titre de l’année 2025 ont fait apparaître, avec netteté, plusieurs lignes de force :
- réforme de l’administration ; 
- revalorisation salariale et équité ; 
- protection sociale et retraites ; 
- pouvoir d’achat ; 
- régulation du marché du travail. 

Sous ce rapport, j’insiste sur la nécessité d’une plus grande diligence dans la transmission, dans les délais requis, des rapports relatifs aux réponses apportées aux doléances sectorielles, afin que la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale puisse en assurer la collecte, la consolidation et la diffusion auprès des partenaires sociaux, dans le cadre des concertations.

Chers partenaires sociaux,
Je tiens à réaffirmer que les cahiers de doléances qui me sont remis ce jour feront l’objet de la même rigueur et de la même exigence dans leur traitement. 

Je demande également au Gouvernement d’accorder une attention particulière aux attentes exprimées par les organisations patronales.

En effet, c’est à travers l’entreprise que s’opèrent l’investissement productif, la valorisation du capital humain, la diversification de notre tissu économique et l’ancrage de la souveraineté économique nationale. 

Par ailleurs, les résultats enregistrés au niveau des Inspections du Travail et de la Sécurité sociale méritent d’être soulignés. Le nombre de contrats de travail enregistrés est passé de 77 870 en 2024 à 78 231 en 2025. Cette progression, dans un contexte économique marqué par des tensions, témoigne de la résilience de notre économie, ainsi que des efforts conjoints de l’ensemble des acteurs.

L’État poursuivra, dans ce cadre, ses efforts en vue d’améliorer l’environnement des affaires, de renforcer la transparence économique, de faciliter l’accès au financement et de soutenir la croissance des entreprises.

En retour, j’en appelle à la responsabilité des employeurs quant au respect scrupuleux de leurs obligations légales, tant en matière sociale que fiscale. Le respect des normes du travail, la protection des droits des travailleurs ainsi que la contribution équitable à l’effort fiscal constituent des exigences fondamentales.

C’est dans cet équilibre, fondé sur la responsabilité réciproque entre l’État et le secteur privé, que pourra se consolider un partenariat durable, au service de la création de richesses, de l’emploi et du développement du Sénégal.

Mesdames, Messieurs,
L’année 2026 doit être celle de la consolidation des acquis et de l’accélération des réformes.
À ce titre, j’instruis le Gouvernement de concentrer son action autour des priorités clairement assumées :
1. Finaliser, d'abord, les réformes structurantes - par la transmission à l'Assemblée nationale des projets de Code du Travail et de Code de la Sécurité sociale en vue de leur examen et de leur adoption, par la poursuite de la réforme des retraites et par la modernisation du cadre juridique de la fonction publique.

2. Renforcer notre protection sociale, en étendant la couverture aux travailleurs du secteur informel et en consolidant la viabilité de nos régimes de retraite.

3. Améliorer le pouvoir d'achat, par la poursuite des mesures de régulation des prix et par la mise en œuvre de réformes fiscales orientées vers une plus grande équité.

4. Promouvoir l'emploi et l'employabilité, en finalisant avec diligence la Politique nationale de l'emploi en vue de son adoption et de sa mise en œuvre effective, et en renforçant les dispositifs d'insertion des jeunes. Je rappelle qu'en dépit des contraintes économiques, le Gouvernement a déjà engagé des initiatives substantielles et structurantes en faveur de l'emploi.


5. Consolider le dialogue social, à travers l'institutionnalisation des concertations tripartites, l'installation effective de comités de dialogue social au sein des ministères et le renforcement des mécanismes de suivi et d'évaluation des engagements.

6. Renforcer, enfin, les capacités de notre Administration du Travail. L'effectivité du droit social exige une administration forte, crédible et pleinement opérationnelle. Je demande, en particulier, la finalisation diligente de la mise en place du fonds d'intervention de l'Administration du Travail, par la signature, dans les meilleurs délais, des arrêtés d'application y afférents. Ce mécanisme constituera un levier opérationnel majeur pour la prévention et la gestion des conflits sociaux.
Mesdames, Messieurs,
Chers partenaires sociaux,
La stabilité sociale repose sur un équilibre exigeant entre les engagements de l’État, les responsabilités des partenaires sociaux et le respect des règles du dialogue.

Je réaffirme solennellement l’engagement de l’État à respecter ses obligations.

J’en appelle, en retour, à la responsabilité de tous les partenaires sociaux, afin de préserver un climat de confiance, condition essentielle du progrès économique et social.


Chers travailleurs, chers employeurs,
La transformation profonde du Sénégal ne saurait se réaliser sans un dialogue social sincère et constructif, sans un travail décent productif pour tous et sans une justice sociale effective.

Je vous remercie de votre attention.