La Garde Rouge
Symbole

La Garde Rouge

La Garde Rouge du Sénégal est née au XIVe siècle sur les rivages de la Méditerranée. Pour assurer sa protection et la cohésion de ses armées, Amurât 1er, prince et guerrier Ottoman (1319-1389), crée un corps de cavaliers qu’il baptise "Spahis" ("cavalier du matin" en persan).

Le sceau
Entraînés et armés, les spahis confirment leur réputation de redoutables guerriers sur tout le pourtour de la Méditerranée et en Afrique du Nord.

Au XVIe siècle, ils assoient le pouvoir des beys d’Alger et deviennent les gardiens de la tradition équestre militaire turque. Ils prennent bien soin de conserver leurs signes de reconnaissance ottomans : turban, musique et drapeaux.

Après la capitulation du bey d’Alger le 5 juillet 1830, les autorités françaises, en charge des terres algériennes, intègrent peu à peu ces guerriers à leurs bataillons d’éclaireurs. Ils reprennent dans leur armée le concept des cavaliers spahis, ce qui permet de perpétuer leur art. C’est ainsi qu’est née, de façon officielle, la "Cavalerie Indigène", qui portera successivement les noms d’ "Escadron Mamelouk", de "Chasseurs d’Afrique" puis de "Chasseurs Spahis".

Les Spahis sillonnent le pourtour du Sahara et un escadron spécial est détaché à Saint-Louis du Sénégal en 1845 pour régler les différends des tribus le long du fleuve Sénégal. Les premiers Spahis sénégalais sont nés. Par leur efficacité et leurs qualités militaires, ils renforcent plus que jamais le prestige du blason de ce bataillon.

En 1928, leur appellation devient “Garde Coloniale“, puis “Garde Présidentielle“ à l’indépendance en 1960, plus souvent connue sous le nom de "Garde Rouge de la Présidence",

La "Garde Rouge" est également une unité de parade et d’escorte, démontrant son élégance et sa dextérité lors de fantasias et de carrousels. A travers les couleurs sénégalaises, elle continue de faire vivre la légende et la mémoire de ces cavaliers du matin.

Formation spécialisée de la Gendarmerie nationale du Sénégal, la Légion de Sécurité, appartenant à la Gendarmerie Mobile, est chargée de la sécurité et du service d’honneur du chef de l’État.

Elle comprend trois groupes d’escadrons :

Le Groupe d’Escadrons de la Garde Présidentielle (G.E.G.P.)

Un escadron à pied, doté de l’uniforme des gardes rouges, garde le Palais présidentiel et un escadron de gendarmes à pied assure les différents services de sécurité autour du Palais.

Le Groupe d’Escadrons de Protection (G.E.P.)

Deux escadrons sont chargés de la sécurité du Président de la République, des membres de sa famille et de leurs résidences, à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire national.

Le Groupe d’Escadrons d’Escortes et de Services (G.E.E.S.)

comprend l’Escadron Monté de la Garde Rouge, un Escadron Motocycliste et un Escadron Hors Rang.

L’Escadron Monté de la Garde Rouge

La Garde Rouge est une unité de parade qui escorte le Président de la République et les hautes personnalités en visite officielle au Sénégal.

Pour les défilés, l’escadron au complet est constitué d’une force de 120 cavaliers et compte une fanfare de cavalerie composée de 35 musiciens, montés sur des chevaux gris dont la queue est rougie au henné. Apparaît le garde à l’étendard, puis l’officier commandant l’escadron et enfin trois pelotons, le premier en chevaux bais, le deuxième en chevaux gris et le dernier en chevaux bais.

Cet escadron, héritier des spahis sénégalais et de l’Escadron Monté de la Gendarmerie Coloniale, assure également des missions de maintien de l’ordre lors des manifestations sportives, politiques ou culturelles et des services de police. Il comporte notamment un peloton d’intervention rapide de 24 gardes à cheval, commandé par un chef de peloton, doté de véhicules pour transporter les chevaux sur les plages et sites touristiques, les banlieues et les points sensibles. En outre, des gendarmes à cheval sont détachés périodiquement pour des services de sécurité en renfort dans certaines brigades territoriales des régions. Depuis deux ans, les cavaliers présentent à nouveau des fantasias et des jeux de chevaux de tradition arabe.

L’Escadron Motocycliste

L’Escadron Motocycliste assure en plus des services de police de la route et d’escorte des convois, la sécurité et l’escorte du chef de l’État, du Premier Ministre et des personnalités étrangères en visite officielle au Sénégal.

L’uniforme de la Garde Rouge est l’image la plus fameuse de cette unité réputée. Il dérive de la tenue des Spahis sénégalais et des gendarmes réadaptée à notre époque. Alors qu’aujourd’hui, officiers, sous-officiers et gardes portent la même tenue, au lendemain de l’indépendance et jusqu’en 1965, les cadres portaient la tenue blanche avec la casquette, puis de 1965 à 1968 la tenue grise avec la casquette. La tenue grise est actuellement portée par l’escorte motocycliste du Premier Ministre.

La Garde Rouge n’oublie pas qu’elle est la gardienne des traditions des escadrons qui s’illustrèrent sur d’innombrables champs de bataille, tant en Afrique Noire qu’au Maroc au nom de la France. Aussi elle conserve des liens privilégiés avec la cavalerie française, notamment la Garde Républicaine avec laquelle elle a été jumelée en 1998. Depuis 1955 où il avait participé aux Fêtes de la Gendarmerie à Paris et au défilé du 14 juillet, l’escadron ne s’était plus déplacé hors des frontières. En 1997, à la demande de « Guérand Hermès », l’escadron s’est produit au champ de course de Chantilly lors du Prix de Diane-Hermès. En juin 2001, il revient en France pour honorer la visite d’Etat que son Excellence, Maître Abdoulaye Wade, Président de la République du Sénégal, nouvellement élu démocratiquement, rend à la France.