Discours du Président lors de la troisième édition du Forum sur l'investissement en Afrique

Le 25 septembre 2017

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Chers hôtes, partenaires publics, privés et des Institutions multilatérales,

Mesdames, Messieurs,

Après l’Ethiopie en 2015 et la Chine en 2016, le Sénégal est heureux d’accueillir ce 3e forum sur l’investissement en Afrique.

Merci à tous et à toutes d’avoir répondu à notre invitation. Je vous souhaite la bienvenue et un agréable séjour parmi nous.

Je salue la participation massive des pays, des Institutions internationales et du secteur privé à ce Forum. Votre présence est pour nous une marque de confiance et un motif de satisfaction.

Je remercie particulièrement nos partenaires de la Chine et de la Banque mondiale, Co organisateurs du Forum avec le Sénégal. C’est tout un symbole.

Ces dernières années, les relations politiques et économiques entre la Chine et l’Afrique, en général, le Sénégal en particulier, se sont, en effet, considérablement renforcées.

Avec la Banque Mondiale, nous avons d’excellentes relations de partenariat dans la conduite de nos politiques et programmes pour la croissance et le développement économique et social.

C’est donc tout naturellement que nous-nous retrouvons en terre sénégalaise pour réfléchir ensemble sur la meilleure façon de promouvoir l’investissement, stimuler les échanges et créer une prospérité partagée.

Le progrès en Afrique par l’innovation. C’est le thème de ce forum. Nous ne pouvions trouver meilleur sujet pour un continent en quête d’émergence.

Sur le chemin de l’émergence, nous devons, en effet, nous donner les moyens de transformer positivement et durablement notre système productif.

De toute évidence, cela passe par l’innovation, c’est-à-dire un nouvel état d’esprit qui traduit une réelle volonté de rompre avec des idées, des pratiques et des habitudes établies. En somme, il s’agit de rompre avec la méthode du business as usual, comme disent nos amis anglophones.

Cette exigence s’impose d’abord aux pouvoirs publics. Si nous voulons réaliser le progrès par l’innovation, il nous faut adopter une nouvelle manière de penser et d’agir dans la conduite des politiques publiques.

Ces politiques doivent non seulement être saines, stables et prévisibles, mais aussi transparentes et diligentes. Ce sont les préalables pour inspirer la confiance des citoyens et des partenaires.

Je veux souligner par-là l’importance primordiale de la bonne gouvernance dans la conduite des affaires publiques, un des sujets dont vous débattrez d’ailleurs dans vos travaux d’atelier.

C’est quand la confiance est établie que les échanges et les investissements prospèrent, parce que de part et d’autre, on est assuré que les engagements pris seront respectés. C’est important.

Ce qui m’amène à évoquer les relations de partenariat. Je l’ai dit tantôt : l’Afrique est en quête d’émergence. Elle a des ressources. Elle a des besoins. Elle offre des opportunités.

La question essentielle est de savoir comment mettre en valeur ces ressources à travers des partenariats intelligents pour une prospérité partagée.

J’insiste sur la prospérité partagée, qui suppose que l’investisseur est protégé dans ses droits et intérêts tout autant que le pays d’accueil. Les bons comptes, dit-on, font les bons amis.

Dans cet esprit, je me réjouis que ce forum porte, non sur l’aide, mais plutôt sur l’investissement. Je suis en effet convaincu que si l’aide peut accompagner l’effort de développement, elle ne peut se substituer à cet effort. Comme partout ailleurs, l’Afrique ne peut se développer par l’aide.

C’est pourquoi nous avons lancé depuis 15 ans le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) que le Sénégal préside actuellement, et dont les priorités figurent dans le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA).

Avec le PIDA, nous voulons réaliser des infrastructures de base indispensables à l’émergence : des projets routiers, ferroviaires, comme le Dakar-Bamako ; des projets portuaires, aéroportuaires, des domaines agro industriels, des centrales électriques et des infrastructures numériques.

Ce programme couvre la période 2012-2040. Sa mise en œuvre jusqu’en 2020 nécessite un financement de 68 milliards de dollars.

Sans aucun doute, le financement de ces besoins se fera, non par l’aide, mais par l’investissement.

A l’échelle nationale nous y travaillons à travers le Plan Sénégal Emergent, dont l’Axe 1 vise la transformation structurelle de l’économie par l’exploitation optimale de notre base productive : agriculture, énergie, infrastructures, habitat, mines, tourisme et TIC.

Je salue, à ce sujet, les pays et entreprises partenaires engagés à nos côtés dans le cadre de la mise en œuvre du PSE.

Avec nos partenaires publics et privés, l’Afrique est entrée dans une nouvelle dynamique de croissance qu’il nous faut cependant conforter en répondant à certaines questions :  

Que faire davantage pour attirer l’investissement ? Comment convaincre les uns et les autres que l’Afrique est aujourd’hui un pôle de croissance où l’on peut investir, sécuriser son investissement et le rentabiliser ? Quels mécanismes de financement pour accompagner l’investissement privé ? Comment promouvoir davantage le partenariat public-privé ? Comment favoriser la collaboration entre l’investissement privé étranger et national ?

Je souhaite que vous abordiez ces thématiques d’actualité pour nos pays quand vous discuterez des sujets de votre ordre du jour portant sur l’agriculture et l’agroalimentaire, l’énergie, l’éducation, les TIC, l’impôt, le financement, la gestion des risques et la gouvernance.

Pour apporter des réponses satisfaisantes à ces problématiques, il faudra sans doute innover en changeant de paradigmes et de vision dans les mécanismes et rapports entre partenaires.

Personnellement, j’ai l’habitude de dire que l’Afrique ne doit pas être considérée comme un continent du futur. Croire en un futur radieux dans un monde où il faut se battre chaque jour pour avoir sa place au soleil, c’est comme accepter un chèque sans provision.

C’est pourquoi je plaide pour que l’Afrique soit considérée comme partie prenante d’un présent qui dessine les lignes du futur. Le temps de l’Afrique, ce n’est pas demain, c’est maintenant.

Et c’est d’ailleurs l’un des mérites que je vois dans ce forum. Nous sommes ici pour discuter entre partenaires, pour identifier ensemble nos problèmes et nos priorités ; pour rechercher des solutions concertées et mutuellement bénéfiques.

Nous avons voulu vous accueillir ici, dans la nouvelle ville de Diamniadio pour le symbole qu’elle représente.   

Il y a cinq ans, le site de Diamniadio était quasiment un no man’s land, juste avec quelques installations sommaires.

Depuis, grâce à des investissements publics et privés, nous y érigeons progressivement des infrastructures qui forment le cœur d’une nouvelle ville : un Centre de conférences, des hôtels, des logements, un parc industriel, une cité administrative en cours de finition, une cité des savoirs, des réceptacles sportifs et commerciaux, une autoroute et bientôt une ligne de Train Express Régional. 

Et à quelques kilomètres d’ici se trouvent un nouvel aéroport qui sera inauguré en décembre et le site devant abriter un grand port sur financement privé.

Je sais que plusieurs autres pays africains conduisent également les mêmes transformations positives. Même si nous avons encore de nombreux défis à relever, de bonnes nouvelles s’annoncent un peu partout en Afrique. Nous sommes dans l’ère du renforcement du processus démocratique et de l’effort d’émergence.

Dans cette nouvelle dynamique, je suis persuadé que par la force de l’investissement et du partenariat, l’Afrique peut réaliser en un temps plus court qu’il n’y parait les conditions de son décollage économique. Nous sommes disposés à travailler avec tous nos partenaires dans ce sens. C’est ce qui nous réunit ici.

Je m’en réjouis et déclare ouvert le 3e Forum sur l’investissement en Afrique en souhaitant plein succès à vos travaux.

Je vous remercie.

 

Macky Sall
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