Discours de son Excellence Monsieur le President Macky Sall à la cérémonie officielle de remise de prix aux lauréats du concours général

Le 28 juillet 2016

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Monsieur le Premier Ministre,

Madame la Présidente du Conseil économique, social et environnemental,

Monsieur le Ministre de l’Education nationale,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Honorables Députés,

Mesdames, Messieurs les Conseillers économiques, sociaux et environnementaux,

Mesdames, Messieurs les membres du corps diplomatique,

Cher Parrain,

Mesdames, Messieurs les partenaires techniques, financiers et sociaux,

Notabilités religieuses et coutumières,

Chers enseignants,

Chers parents d’élèves,

Chers lauréats,

Mesdames, Messieurs,

La cérémonie solennelle de distribution des Prix aux lauréats  du concours général m’offre, une fois de plus, l’occasion de célébrer nos lauréats, en compagnie de  la communauté éducative, et de réaffirmer, en cette belle fête de l’excellence, mon attachement à une éducation de qualité pour tous nos enfants, quelle que soit leur origine sociale.

L’esprit d’excellence et l’exigence de qualité que nous fêtons ici, font partie des traits de caractère du parrain de cette année, l’éminent Professeur et respecté Imam El Hadji Rawane MBAYE.

Figure emblématique des Mosquées de Mermoz et de la rue Carnot  que nous célébrons aujourd’hui ; le Parrain est un érudit, connu et apprécié de tous pour son entière dévotion à l’éducation à la formation et à la recherche, notamment au sein du Centre d’Etudes, de Recherches et de Formation sur l’Islam, le CERFI.

Titulaire de chaire d’études islamiques à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, le Professeur El Hadji Rawane MBAYE est une référence scientifique, religieuse et morale. 

Il est ancien Chef du département d’arabe, de l’Université de Dakar et ancien Commissaire général au pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam.

Lauréat du Prix Ibn Khaldoum-Léopold Sedar Senghor, El Hadji Rawane MBAYE a contribué à faire connaître l’Islam et le soufisme, à travers la figure charismatique de Cheikh Ahmed TIDJANE CHERIF fondateur, du Tidjanisme.

Il a publié des œuvres de référence dont :

  • une remarquable thèse sur l’Islam en Afrique ;
  • le Grand Savant El hadji Malick Sy, pensée et action ;
  • Fakihatoul Toullab sur la doctrine et les pratiques du tidjanisme ;
  • le Guide du Pèlerin à la Mecque et à Médine ;
  • une belle traduction de l’œuvre d’El Hadj Malick Sy sur la vie du Prophète, Khilassou Dahab, L’or pur-.

Je n’oublie pas bien sûr, parmi sa prodigieuse production intellectuelle, la traduction de l’ouvrage fondamental de la Tidjaniya,  Jawahir Al-Ma'Ani, Les  Perles des Sens.

Monsieur le Professeur Rawane Mbaye, vous êtes assurément une fierté pour la Nation et la Oumma islamique. Je vous adresse toutes mes félicitations.

Mesdames , Messieurs, Chers lauréats,

C’est dire, combien je me réjouis du choix porté sur le parrain de cette édition symbolique, qui marque les 50 ans de ce concours prestigieux, institué par le Président Léopold Sédar SENGHOR.

Un demi-siècle d'émulation saine, de révélation de talents et d’élites de notre pays, dont certains, ici présents, continuent d’incarner ce qu’il y a de meilleur dans les domaines de la vie économique, sociale et culturelle.

Par la stimulation qu’il suscite entre les candidats, le concours général est un des baromètres de la santé de notre système éducatif. Par conséquent, ses résultats sont toujours attendus avec intérêt et impatience, voire fébrilité et émotion.

Mais au-delà de la compétition sur la voie de l’excellence, l’évènement nous offre aussi l’occasion de réfléchir sur des paradigmes d’intérêt majeur.

C’est justement ce que nous avons voulu en portant le débat sur l’éducation, comme rempart à l’extrémisme et au radicalisme.

Mesdames messieurs, Chers lauréats,

Sujet ne saurait être en effet plus pertinent d’actualité et d’interrogations.

Vous l'avez démontré fort éloquemment,  Mme le Professeur Tiané DIENG BASAL, dans votre brillant discours d'usage. Je vous en félicite.

En réalité, le radicalisme et l'extrémisme, sous leurs différentes formes de négation de  la liberté, de la raison et de l'humanité, nous interpellent tous, individuellement et collectivement ; en tant que pouvoirs publics, en tant que parents, en tant qu’éducateurs.

En plus d’être une entorse  à la raison et à la liberté, le radicalisme et l’extrémisme portent gravement atteinte au commun vouloir de vie commune que nous chérissons tant au Sénégal, en ce qu’il cimente les fondements de la coexistence pacifique, dans le respect de la diversité.

Autrement dit, le radicalisme et l’extrémisme, voilent la lumière de l’esprit vivifié par le savoir.

Dès lors, nous pouvons nous poser la question de savoir : dans quelle mesure, avec quels moyens et jusqu'à quel niveau, l'éducation peut-elle servir de bouclier contre le dépérissement des valeurs engendrées par l'extrémisme et le radicalisme ?

Bien entendu la question se pose avec encore plus d’acuité et de préoccupation, lorsqu’elle se rapporte à la jeunesse, une couche sociale par définition vulnérable aux attraits matériels, à l’endoctrinement et à la manipulation.

Cela d’autant plus vrai que l'extrémisme conduit à l'intolérance, au nihilisme et au radicalisme, auxquels il se confond.

D’ailleurs, ses formes historiques et contemporaines, l’extrémisme ne s’applique pas qu’à la religion. Ainsi parle-t-on par exemple d’extrémisme de droite ou de gauche.

Du reste, l’amalgame est aussi possible avec la religion. C’est le cas en ces temps avec l’Islam.

A tort, car il faut le dire et le répéter avec force : rien dans le discours et les actes odieux de ceux qui commettent des atrocités ne se rapporte à la religion musulmane.

Je ne peux ainsi m’empêcher de souligner que, dans le Coran, la sunna et les hadiths du Prophète, (Paix et Salut sur Lui), l’Islam se définit en effet comme une religion du juste milieu, une religion de paix, de concorde et de respect du prochain, musulman ou non.

Il y’a lieu, à ce titre, de se  référer à la Charte de Médine qui, aux premières heures de l’Islam,  définissait dans un équilibre harmonieux  les droits et devoirs des différentes communautés religieuses coexistant  dans la ville du Prophète ! 

J’ajoute, d’ailleurs, que même la controverse sur la notion de jihad, si agitée aujourd’hui, a été définitivement réglée par le Prophète lui-même de son vivant, comme le rapportent plusieurs hadiths authentifiés.

Ainsi, pour l’Envoyé de Dieu, le grand jihad, c’est le jihad an nafs, la lutte contre notre propre ego et ses dérives.  Le fort, a dit le prophète, n’est pas celui qui triomphe de ses adversaires, mais celui qui triomphe de son ego.

A un homme qui lui posa la question de savoir s’il devait aller combattre, le Prophète répondit : « As-tu des parents» ? « Oui », fit le requérant. Le Prophète lui dit : « Alors fais le Jihad en les servant ! » 

En vérité, c’est souvent l’ignorance et l’obscurantisme qui offrent un terreau fertile à l’extrémisme et au radicalisme.

 D’où l’obligation de la quête du savoir par l’éducation et la formation qui éclairent la pensée et l’action. « Allez chercher le savoir jusqu’en Chine », disait le Prophète à ses compagnons ; une façon pour lui de sublimer la vertu de la science, même s’il faut la quérir dans des contrées lointaines.

Mesdames, Messieurs, Chers lauréats,

Cette recommandation est plus que jamais d’actualité. Ce legs doit être enseigné. C’est le devoir des Oulémas que d’apporter la réponse doctrinale à tous les illuminés qui, dans leur folie meurtrière, détournent les enseignements authentiques de la religion. 

Je dis bien devoir car dans la bonne disposition des choses, ceux qui savent doivent parler et ceux qui ne savent, pas  doivent écouter pour apprendre.

Chers lauréats,

Lutter contre le radicalisme et l’extrémisme, c’est aussi promouvoir un développement inclusif, qui combat les inégalités sociales et offre aux jeunes des opportunités d’éducation, de formation et d’activités génératrices de revenus.

C’est toute l’ambition du Plan Sénégal Emergent, dans son axe stratégique visant la promotion du capital humain.

Et c’est aussi la finalité du Programme d'Amélioration de la Qualité, de l'Equité et de la Transparence (PAQUET) et des orientations des Assises de l’Education et de la Formation et de la Concertation nationale sur l’avenir de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Toute cette dynamique vise à refonder l'Ecole publique, pour en faire une Ecole de la Réussite.

Un tiers du budget de l'Etat est consacré aujourd’hui au secteur de l’éducation, sans compter les contributions des partenaires et des familles.

Il est donc temps d’apaiser le climat social de l’école en mettant fin aux perturbations qui engendrent les  contre-performances de notre système scolaire. Dans un monde dominé par l’économie du savoir, il y va de l’avenir même de la Nation.

Chers lauréats,

Dans la quête de l’excellence, seul l’effort et la constance dans le travail payent. C’est pourquoi, je tiens à féliciter chaleureusement tous les établissements leaders de cette 50e édition, qui sont d’ailleurs des habitués aux premières places du concours général.

Je regrette, toutefois, que les premiers prix de Mathématiques, de Physique et de Philosophie n’aient pas été attribués.

C’est là une des manifestations de l’instabilité de notre système éducatif. J’exhorte tous les acteurs du système à œuvrer au redressement de cette situation dès le prochain concours.

Chers parents, chers enseignants,

Je salue, avec respect, vos efforts remarquables récompensés par les résultats que nous fêtons aujourd’hui.

Je veux particulièrement rendre hommage aux parents, pour toutes les privations consenties dans l’éducation des enfants. On peut estimer que nourrir un enfant, le loger, le soigner et l’éduquer relève d’un devoir parental. Certes, mais c’est aussi une formidable leçon d’humanité que les parents nous enseignent au quotidien, comme pour rappeler à tous, que nous devons oublier nos egos et savoir raison garder quand l’avenir de nos enfants, notre espoir pour demain, est en jeu.

C’est tout le sens des investissements importants que nous consacrons à l’éducation et à la formation.

Je voudrais aussi remercier nos partenaires techniques et financiers de même que les partenaires sociaux, les autorités religieuses et coutumières pour leur engagement et leur soutien.

Je félicite chaleureusement le Ministre de l’Education nationale, pour son engagement en faveur de la qualité et de la transparence du système.

J’y associe les Ministres en charge de la Formation professionnelle et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour leurs efforts appréciables dans les réformes du secteur.

Je remercie, enfin, toutes les bonnes volontés, personnes physiques ou morales, qui, par leur précieux soutien, contribuent chaque année au succès de la fête de l’Excellence.

Quant à vous chers lauréats, comme le suggère le thème de la présente édition, nous souhaitons qu’au-delà de vos bons résultats, vous soyez tous des acteurs conscients de la lutte contre l’extrémisme et le radicalisme.

Vous avez franchi aujourd’hui une étape dans la quête de l’excellence. Mais le chemin est encore long et parsemé d’embûches.

Dans quelques années, c’est notre souhait le plus ardent, vous serez à nos places, comme hommes et femmes accomplis, comme parents et éducateurs.

Alors, autant prendre dès maintenant des repères et un viatique. Pour ce faire, vous n’avez guère besoin d’aller chercher loin des héros.

Vos héros, ce doit être vos parents, qui vous nourrissent, vous soignent, vous logent et vous éduquent. Vos héros, ce doit être vos enseignants qui vous inculquent le savoir.

Dans votre quête spirituelle, ne vous hasardez pas à visiter des sites internet au contenu douteux, dont vous ne connaissez ni les auteurs ni leurs motivations.

Vous avez devant vous, en votre parrain, le Professeur Rawane Mbaye, un modèle de valeurs à suivre.

A l’image de votre illustre parrain, je vous exhorte à la persévérance dans l’effort, la quête du savoir et l’humilité.

Ainsi, comme lui, vous serez des maillons indispensables dans la chaîne de valeurs sociales qui transmet aux générations futures les idéaux de paix et de fraternité humaine qui nous lient les uns aux autres et font le socle de notre Nation.

Ainsi, comme lui, vous ferez notre fierté, parce que vous aurez été utiles à vous-mêmes, à vos familles et à votre pays.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Macky Sall
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